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Traditions et croyances

Ouidah et le temple des pythons

Un fort portugais, une basilique, un temple de serpents en face, une forêt sacrée et une route de mémoire : ce que l'on voit à Ouidah.

Entrée du temple des pythons, à Ouidah au Bénin

Photographie : Ji-Elle, CC BY-SA 4.0

Ouidah, sur la côte du Bénin, est le lieu où l’on peut voir d’un même pas ce que trois siècles d’histoire ont superposé : un comptoir européen, une religion ancienne et une mémoire de la traite.

Le comptoir

La ville a été l’un des ports les plus actifs de la traite atlantique. Les Portugais y bâtissent un fort au début du XVIIIe siècle ; Français, Anglais et Danois y tiennent aussi des établissements. Le fort portugais existe toujours et abrite aujourd’hui le musée d’histoire de la ville.

Le temple de Dangbé

Face à la basilique catholique, un temple abrite des pythons royaux, consacrés à Dangbé. L’espèce est non venimeuse et familière ; les serpents sont nourris, manipulés, et relâchés périodiquement dans la ville, où les habitants les rapportent au temple. La disposition des deux édifices, à quelques mètres l’un de l’autre, est devenue l’image la plus reproduite de la ville.

La forêt sacrée

À l’écart du centre, un bois consacré conserve des arbres anciens et des statues de divinités installées à partir des années 1990. Le lieu est associé à la mémoire d’un roi fondateur, et il se visite.

La route de la mémoire

Une voie de quelques kilomètres relie la ville à la plage ; elle suit le trajet emprunté par les captifs vers les navires. Des sculptures la jalonnent, et elle s’achève sur un monument inauguré au milieu des années 1990, la Porte du Non-Retour. L’ensemble a été aménagé dans le cadre d’un programme international consacré à la mémoire de la traite.

Le 10 janvier

La fête nationale des religions traditionnelles se tient chaque année à cette date, avec des cérémonies publiques sur la plage et dans les couvents. Elle attire des délégations venues des Amériques, où une partie de ce fonds religieux s’est recomposée. C’est le moment de l’année où la ville est le plus fréquentée.

Pourquoi cette page figure ici

Parce que beaucoup de pages francophones parlent du vodun sans jamais nommer un lieu. Or celui-ci existe, il est documenté, il se visite, et les institutions qui s’y trouvent publient leurs horaires. C’est le genre de détail que je cherche avant de reprendre une affirmation.

Peut-on visiter le temple des pythons ?

Oui, il reçoit des visiteurs, avec un droit d’entrée et un guide. Les règles sur place — photographies, accès à certaines parties — sont indiquées à l’entrée et varient selon les jours de cérémonie.

Ouidah est-elle la seule ville concernée ?

Non. Abomey, ancienne capitale royale, Porto-Novo, Savalou et plusieurs localités du Sud béninois ont leurs propres sanctuaires et leurs propres fêtes. Ouidah est la plus connue à l’étranger, pas la plus importante pour tous les cultes.

Le python est-il un animal sacré partout au Bénin ?

Non, le lien avec Dangbé est propre à certaines régions et à certaines familles. Les interdits alimentaires et les animaux associés varient d’une divinité à l’autre et d’un couvent à l’autre.

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